Ne consommez jamais un champignon sauvage identifié uniquement à l’aide d’un site web, d’un livre ou d’une application. Faites contrôler chaque récolte par un contrôle officiel des champignons.
Identification
A. ostoyae fructifie en touffes denses sur les souches, les racines et les arbres vivants ou morts. Le chapeau est brun à brun rougeâtre et couvert de squames brun foncé, comme des poils, surtout vers le centre. Les lames sont d'abord blanches à crème et deviennent brun rosé ou tachées avec l'âge. Le pied porte un anneau épais, cotonneux et blanchâtre, dont le bord est souvent brun foncé, et sa base est brunâtre. La sporée est blanche à crème.
Sous l'écorce des arbres infectés, le champignon forme des palmettes mycéliennes blanches et, dans le sol comme sous l'écorce, il produit des rhizomorphes noirs et aplatis semblables à des lacets, signe caractéristique des armillaires. On la distingue des autres armillaires, comme Armillaria mellea, A. gallica et A. cepistipes, par les squames du chapeau, la structure de l'anneau, l'hôte et, de façon fiable, par la microscopie ou l'ADN. Certains auteurs considèrent A. ostoyae comme identique à l'espèce nord-américaine Armillaria solidipes ; le nom utilisé ici suit l'usage européen courant.
Habitat et écologie
L'armillaire obscure est présente dans les zones tempérées fraîches et boréales d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord. Elle attaque surtout les conifères comme l'épicéa, le pin et le sapin, mais aussi quelques feuillus. Elle vit à la fois en parasite et en décomposeur : elle tue les racines et le cambium à la base des troncs, puis continue à dégrader le bois mort par une pourriture blanche.
Les rhizomorphes progressent dans le sol d'un arbre à l'autre, si bien qu'un seul individu génétique peut occuper une grande surface pendant très longtemps. Un clone de la forêt nationale de Malheur, dans l'Oregon (États-Unis), couvre environ 900 hectares et serait âgé de plusieurs milliers d'années, ce qui en fait l'un des plus grands organismes connus. Les vieilles souches forestières servent souvent de réservoirs au champignon.
Usages et importance
A. ostoyae est surtout importante comme pathogène forestier. Le pourridié-agaric provoque la mort d'arbres et des pertes de croissance dans les plantations de conifères, en particulier sur les stations où se trouvent des arbres affaiblis ou des souches infectées. Les forestiers le gèrent par le choix des stations et des essences, l'extraction des souches et la promotion de peuplements mélangés. En écologie, c'est un décomposeur du bois important, qui recycle les nutriments.
Dans certaines régions d'Europe centrale et orientale, les armillaires sont récoltées et consommées après une cuisson soigneuse ; elles sont aussi connues pour leur mycélium bioluminescent (la faible lueur du bois infecté). On les étudie également pour leur génome, leur croissance et leurs métabolites secondaires.
Sécurité et comestibilité
Les armillaires ne sont pas comestibles crues et peuvent provoquer une intoxication digestive si elles sont consommées crues ou insuffisamment cuites ; même bien cuites, elles causent des troubles digestifs chez certaines personnes, d'où le classement « prudence ». Ne consommez jamais un champignon sauvage sur la foi d'un site web ou de photos : l'identification doit être confirmée en personne par un expert, par exemple une société mycologique ou un conseiller en champignons formé.
Le sosie le plus dangereux est Galerina marginata, qui pousse aussi en touffes sur le bois et contient des amatoxines mortelles. L'hypholome en touffe (Hypholoma fasciculare) est toxique et peut pousser mêlé aux armillaires, et certaines pholiotes sont également ressemblantes. Si quelqu'un a mangé un champignon qui pourrait être une galère, demandez immédiatement une aide médicale d'urgence, même avant l'apparition des symptômes. Ne consommez que de petites quantités d'une récolte bien identifiée, fraîche et longuement cuite, et jetez les exemplaires âgés.
En cas de suspicion d’intoxication par des champignons, appelez immédiatement Tox Info Suisse (145) ou, en cas d’urgence, le 144, même avant l’apparition des symptômes, et conservez les restes des champignons.
Confusions possibles
Galerina marginata (mortelle) est plus petite, a un chapeau lisse et hygrophane sans squames, un anneau mince et une sporée brun rouille. Kuehneromyces mutabilis (la pholiote changeante) a un chapeau lisse bicolore et une sporée brune. Hypholoma fasciculare a des chapeaux jaune soufre, des lames verdâtres, pas de véritable anneau et une sporée brun pourpre. Armillaria mellea est plus jaune, avec des squames éparses. La couleur de la sporée est un contrôle essentiel, mais la confirmation par un expert est indispensable.
En Suisse romande
En Suisse romande, les armillaires sont fréquentes dans les forêts de conifères du Jura et des Alpes, où le pourridié-agaric affecte aussi les peuplements résineux. Avant toute consommation, faites contrôler la totalité de votre récolte par un contrôleur officiel des champignons formé par la VAPKO, comme le recommande l'OSAV ; ce contrôle est gratuit pour les particuliers dans de nombreuses communes. Dans les cantons de Vaud et de Fribourg, la cueillette est limitée à 2 kg par personne et par jour, de 7 h à 20 h.


